08. Mots et images du Journal d’un peintre – 2018

Voici les extraits du journal d’un peintre dont la lecture est interdite aux jeunes de moins de 18 ans. Ce n’est pas sans raison. Pendant dix ans, écrivant pour lui-même, jour après jour, le peintre auteur de ce journal s’est appliqué à coucher sur papier ses expériences aussi librement qu’il les vivait dans la violence de ses désirs, et a raconté tout cru ses amours pour une douzaine de japonaises qui ont été le plaisir de sa vie en lui servant de modèles. Et tout cela avec le seul souci de rapporter, de façon très prosaïque et très concrète, ses observations toutes fraîches sur ce qui venait de se passer le jour même. Indifférent aux jugements des autres, il s’est donné pour cela le droit absolu de n’être ni pudique ni prudent. Sans craindre de transgresser les interdits sexuels, les limites de la bienséance et les règles formelles de l’écriture d’un journal littéraire, il est allé chaque soir au bout de ses sentiments et de ses pensées du jour. Là, au bout, s’ouvrirait peut-être la vérité qu’il cherchait, le lieu vierge et sauvage dont l’ordre neuf apporterait vigueur et vie à ce qui semblait souvent perdu d’avance. Là, au bout et au plus bas de l’échelle sociale, il retrouverait peut-être le petit détail concret sans importance, ce presque rien de quelques mots qui donnerait tout son sens à ses vertiges et éclairerait la nuit de sa vie intime.

​Il n’y est donc pas allé par quatre chemins, essayant d’écrire objectivement les faits, les circonstances, les sensations, notant tout en hâte et allant toujours droit au but. Pour cela, il a pris son bien où il le trouvait et comme il se présentait, il a oublié des choses très importantes et il a méconnu ce que tout le monde est censé savoir. Pour retrouver sa liberté, il s’est écarté toujours plus loin des chemins étriqués de la morale chrétienne et a déserté le cours aliénant des choses insignifiantes. Il a usé et abusé de son imaginaire érotique en perdant finalement tout sens de la pudeur. De ce qu’il découvrait, il a retenu selon son humeur ou son appétit du jour. Le contresens bigorne et l’argot ordurier ne lui faisaient pas peur, s’ils pouvaient servir à ce qu’il voulait dire selon son désir de vérité. Et s’il a cité des auteurs ou repris leurs mots, c’était de mémoire, pour ce qui l’intéressait, un peu comme on en use dans la conversation, et certes pas en savant homme.

Caute ! Vous voilà avertis ! Ce recueil n’est donc ni pour les enfants ni pour les jeunes.

les Editions Gutta & Astula