journal du 11 juillet 2018 – EN

 

regarde brigand ! je suis toute décoiffée !

Comme peintre, je n’ai rien à prouver. Je ne vis, ne peins et n’écris que pour découvrir, fouiller et apprendre en cherchant la matérialité de tout ce qui est censé ne pas en avoir : le langage, les sentiments, les passions, les idées, la pensée …

Apprendre à voir et à penser entre le fond et la surface mouvante des choses, là où l’objet que nous sommes s’affronte au sujet que nous croyons être, c’est aussi découvrir que le flux d’une inhumanité sauvage ne cesse de nous traverser et que la férocité du désir ne cesse de nous habiter. Mais pour pouvoir entrer dans l’appréhension de cette violence infinie, il faut d’abord en faire l’expérience concrète et sensible, sans quoi le seul moyen de la raison et des concepts ne suffit pas pour pouvoir en prendre toute la mesure. Or, c’est le plus ou le moins de conscience qui tranche en la matière.

A chacun donc d’appréhender en soi cette violence en profondeur et des profondeurs pour sortir de son inconscience et d’y forcer un passage vers sa vertigineuse étrangeté de vivant pour se tenir droit au bord de l’abîme, organiser le chaos, y chercher le meilleur de soi-même et vivre en plein vent à la lumière d’une beauté toujours à réinventer.

11 juillet 2017