1975.07.22 – journal du 22 juillet

putain, qu’elle était belle !

portrait d’Awa Igara allongée sur le divan
la môme a plié les jambes et se laisse aller sur le flanc l’air de dire : n’oublions pas la chair à poil
sans elle, on ne serait rien
faut me pencher maintenant pour la voir
corselet noir et petite jupe-culotte blanche à fleur de peau

mes yeux rouges de désir dévorent l’ombre quelle merveille ! plus belle que ça ça n’existe pas

en doutais-tu encore ?
mais il est ici le bonheur !
la vie auprès d’elle sera magique

ai peint toute la journée
le pinceau fait lentement son travail entre les petits points de couleur rouge
qui scintillent sur ses lèvres, ses pieds et ses mains et la coulée d’encre noire qui descend de ses seins au divan

une simple petite culotte blanche aura suffi pour donner une valeur infinie à son corps

suis amoureux d’Awa et sais que je lui plais
mais le moindre faux pas pourrait être fatal
elle est comme Otomè une de ces femmes sauvages qui peuvent rester naturellement vierges jusqu’à leur mort

que va-t-il se passer cette nuit ? demain ?
comment vivre avec elle maintenant qu’elle est revenue ? comment lui tenir sagement la main ?
comment faire de continence vertu et plaisir au jour le jour et entretenir secrètement cet amour dans les petits détails du quotidien ?

journal du mardi 22 juillet 1975