Introduction du catalogue Peintures de l’exposition Moline

Durant son long séjour au Japon, Daniel Moline n’a cessé de peindre. Il avait déjà  développé  son propre  style et reu un prix lors d’une exposition quand il retourna exposer dans son pays. Je l’ai revu l’an dernier lors de son retour au Japon. Il venait de mener à bien une exposition en Belgique et me montra les reproductions de ses dernières toiles. C’était bien dans la manière que je lui avais connue précédemment, mais l’expression véhémente de ces nouvelles peintures montrait mieux  encore l’exaspération dans laquelle il se trouve lorsqu’il se met à l’oeuvre. Je retrouvais là des traits communs avec les peintures et calligraphies des moines du bouddhisme zen. Avec aussi l’oeuvre du peintre itinérant Shôhaku. Bien sûr, la culture européenne constitue le fondement de son travail, mais il a bien assimilé l’art de l’Orient, et spécialement celui du Japon où il a habité longtemps.

Luttant sans répit, s’engageant toujours plus avant dans la recherche d’une expression où fusionneraient les arts d’Orient et d’Occident, il est en train de poursuivre une synthèse que personne d’autre ne peut absolument réaliser. Cependant, l’essentiel demeure d’abord ceci: d’une part la sévérité avec laquelle il s’observe et prend connaissance de lui­ même, comme s’il se penchait sur une profonde crevasse de son propre coeur, d’autre part la vigueur avec laquelle il s’efforce de rendre compte de cette expérience. On m’accusera peut-être ici d’extravagance, mais voilà une oeuvre qui, traversant les habituelles cloisons Orient-Occident, a surtout le don de nous émouvoir jusque dans nos entrailles. N’est-ce pas là aussi la raison du succès de ses expositions ?

Il paraîtra peut-être irresponsable de parler de la sorte en se basant sur de simples reproductions, mais ayant eu connaissance de toute la production du peintre durant son séjour au Japon, et toutes choses bien considérées, je pense ne pas avoir tort de parler ainsi.